2026 02 10 – Lettre des Administrateurs Salariés CGT – Remplacement du président du directoire

REMPLACEMENT DU PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE RTE…

Une gouvernance amoindrie, un choix politique… élyséen imposé avec force au mépris du Code de l’Énergie et des pouvoirs du Conseil de Surveillance.

Comme cela a été annoncé par certains médias, un nom ressort avec insistance pour remplacer Xavier PIECHACZYK, celui d’Émilie PIETTE. Ce nom aurait été formellement proposé par le Conseil de Surveillance. Ceci est FAUX !

Le nom du Président du Conseil de Surveillance étant cité dans l’article, il s’agit peut-être d’un raccourci et que cela soit ce dernier, par ailleurs directeur exécutif du Groupe EDF, qui ait transmis le nom de cette candidate imposée par le Président de la République.

On se moque de nous au travers de ce processus biaisé… Mais aussi de la législation et des salariés de RTE ! Pour mémoire, l’entreprise, mais aussi ses salariés, doivent faire preuve d’une indépendance totale, avec des obligations qui frisent le ridicule, qui génèrent une perte d’efficience pour le Service Public, une facture globale augmentée pour les usagers et citoyens et des risques. Cette indépendance étant liée au corpus législatif libéral (Directives Européennes, Code de l’Énergie…). Sous couvert de concurrence libre et non faussée, elle permet surtout aux affairistes, aux traders, au « monde de la Finance » de venir « capter de la valeur » (accaparer des bénéfices indécents) au détriment du Service Public, des capacités industrielles et opérationnelles des « acteurs véritables » du système électrique que sont les producteurs, les gestionnaires de réseaux… Ce corpus précise la notion d’EVI (Entreprise Verticalement Intégrée) et impose notamment une indépendance totale entre EVI et gestionnaire de réseaux comme RTE.

Nous contestons la libéralisation des marchés de l’Énergie car elle a porté une politique de dépeçage des entreprises historiques, verticalement intégrées et d’affaiblissement du Service Public global, de la production à la consommation.

Pour autant, si effectivement c’est le Président du Conseil, un administrateur de RTE parmi 12, qui fait « seul » le choix, nous posons alors la question de l’influence EDF (actionnaire à 50% de RTE), voire de la Caisse des Dépôts et Consignations, second actionnaire de RTE. Ces 2 parties prenantes, à la table du Conseil, étant identifiées comme EVI au sens du Code de l’Énergie, ne faut-il pas réduire leurs influences afin de respecter la Loi ?

Au-de de ce questionnement, nous reprenons un extrait du compte-rendu d’une Commission d’Enquête de l’Assemblée nationale qui date de 2017. Il était proposé faire « appel à des chasseurs de têtes pour dénicher les dirigeants des entreprises publiques, plutôt que de confier celles-ci aux visiteurs du soir, qui se présentent à la porte du Salon doré de l’Élysée et que l’on fait passer dans le Salon vert : en d’autres termes, il ne faut pas choisir les gens pour leurs accointances, mais en fonction de leurs compétences et de leur motivation ».

Nous reprenons cette proposition, en revendiquant que les nominations des dirigeants des entreprises publiques soient des nominations de compétences plus que d’accointances !

Par ailleurs, nous rappelons ce que les administrateurs salariés parrainés par la FNME-CGT portent.

Même si le choix de la personnalité est important, en termes de compétences, de connaissances du secteur énergétique, des enjeux européens, de capacités à diriger une entreprise, à entraîner les parties prenantes, notamment les salariés, c’est surtout le « projet » qui doit être analysé et « challengé ». Quelles politiques économiques et budgétaires, quelles politiques industrielles, environnementales et surtout quelle politique sociale ? Le choix doit être guidé par la vision autour de ces politiques, en prenant en compte les nombreux enjeux : la sécurité des salariés et des tiers, leur santé, la sûreté du système électrique français, la bonne maîtrise des investissements, les problématiques nombreuses induites par l’externalisation, les questions européennes, la gestion RH, le respect du Statut des IEG…

Enfin, pour éviter à l’avenir cette mauvaise gouvernance que nous pointons, nous demandons que de tels choix, relevant des pouvoirs du Conseil de Surveillance, soient faits de manière collégiale.

AU SOMMAIRE ÉGALEMENT

  • Notre alerte sur le paquet « Réseaux européens » présenté par la Commission Européenne fin 2025

VOS ADMINISTRATEURS SALARIÉS CGT
Christophe AIME
Albéric DIETRICH

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