Écoutons les agent·tes plutôt que les consultant·tes !
RTE joue aux apprentis sorciers en organisation du travail plutôt que d’écouter ce que les équipes ont à dire…
« Renforcer la performance des collectifs », « objectiver le fonctionnement des collectifs de l’entreprise », « démarche scientifique statistique ». Ces expressions issues de l’enquête de la DRH adressée mercredi 26 mars dernier à 4300 agent·es des 4 établissements de Rte font froid dans le dos. Elles renvoient aux vieilles techniques d’optimisation à la mode dans les DRH dans les années 2010.
Si RTE envisage d’adopter ces techniques, il y a de quoi s’inquiéter, car en gros, l’idée est de faire plus avec moins. Ça vous rappelle quelque chose ?
De nombreuses études, ont démontré que l’application de ces méthodes peut entraîner une dégradation significative des conditions de travail. En effet, cette approche conduit à une intensification du rythme de travail et de la charge mentale, augmentant ainsi les risques de troubles musculosquelettiques et de stress. Les théories d’organisation du travail peuvent aussi s’attaquer « à l’esprit, avec une augmentation avérée du stress, de l’angoisse et du sentiment de réaliser du « sale boulot ».
À la suite de cette enquête, RTE pourrait, via des modélisations statistiques, établir par exemple, un lien entre le télétravail et le sentiment d’être soutenu par son manager, ou entre la présence d’un·e adjoint·e et la performance (ou non) d’un collectif : comment savoir si ces corrélations ne pourraient pas conduire à la suppression des adjoint·es ou à la réduction du télétravail ?
L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) souligne que les pratiques inspirées de ces méthodes de management sont parfois défavorables aux conditions de travail, notamment en raison de la standardisation excessive et de la réduction des marges de manœuvre pour les salarié·es. De plus, l’absence d’une formation adéquate pour accompagner la polyvalence requise peut exacerber ces problèmes. On le voit bien à Rte où tout le monde est contraint de faire un peu tout et où, finalement, il devient très compliqué de faire correctement son travail ( Vous êtes trop exigeants, il faut arrêter de faire de la surqualité » entend-t-on désormais dans tous les collectifs…).
Il est essentiel que RTE prenne en compte ces éléments avant de mettre en oeuvre des méthodes de management qui ont déjà montré leurs limites et leurs dangers pour la santé des travailleurs et travailleuses. Privilégions des approches qui respectent la qualité de vie au travail et la santé des salariés, plutôt que de reproduire des modèles dépassés aux conséquences néfastes dont nombre d’entreprises sont revenues.
Nous espérons très sincèrement que cette enquête n’est pas une nouvelle approche de type « Lean Management » visant à engraisser des consultants et à dégraisser du personnel.
