Calendrier de l’avAnt – Ep. 1 L’autogestion et les SCOP
Cette semaine, nous parlons d’un enjeu majeur. Face à un capitalisme prédateur qui ferme des sites rentables, délocalise pour augmenter les profits et sacrifie les femmes et les hommes qui font vivre l’industrie, des salarié·es ont refusé la fatalité.
Aux FC de RTE, si on ne risque pas trop les effets d’une concurrence industrielle inexistante, on peut se questionner sur la part des prestations externalisées dans nos activités. Combien de fois a-t-on entendu ces dernières années “en MO je peux pas, mais j’ai du HMO si tu as besoin de ressources”. De ressources, oui, justement. Mais ce dont on a besoin, ce sont des ressources fiables et formées dans la durée, donc des recrutements !
Dans les exemples qui suivent, nous racontons l’histoire de personnes qui ont choisi de reprendre en main leur outil de travail pour lutter contre la logique capitalistique.
La bataille de l’usine LIP à Besançon est l’une des plus emblématiques. En 1973, face à la menace de fermeture, les ouvriers occupent l’usine et lancent le slogan mythique : « C’est possible : on fabrique, on vend, on se paie ! ». Les salarié·es occupent l’usine et inventent une lutte devenue historique : mise à l’abri du stock, production sous contrôle des grévistes et “ventes” pour financer les salaires pendant des mois. Cette lutte victorieuse sur le plan de l’emploi (réintégration des salariés) est restée le symbole mondial de l’autogestion et de la capacité des travailleurs à diriger leur propre outil de travail.
Pour en savoir plus : Wikipedia : Affaire LIP
L’exemple de l’usine LIP est venu ouvrir la voie à d’autres luttes victorieuses qui ont abouti à la reprise d’usines en coopérative (SCOP) par les salarié·es. C’est le cas des Fralib / SCOP-TI “1336”, qui en 2014 ont arraché leur victoire après 1336 jours de lutte (plus de 3,5 ans) contre Unilever qui voulait délocaliser. Les salarié.es ont réussi à sauver leur usine de thé et l’ont transformé en SCOP pour relancer la production sous leur marque 1336. Ils et elles ont prouvé que les ouvrier.es peuvent gérer leur propre outil de travail sans actionnaires. C’est un exemple fort de résistance, d’organisation collective et d’alternative industrielle sans actionnaires.
Pour en savoir plus :
Le dernier exemple récent du genre et relativement médiatisé concerne l’usine Duralex. Face à la menace de liquidation en 2024, les salarié·es de Duralex se sont mobilisé·es massivement pour la racheter en SCOP avec le soutien des collectivités, sauvant ainsi 226 emplois. Symbole de “on ne lâche rien” : les salarié·es deviennent acteurs de la stratégie, avec un défi économique réel mais une victoire sociale forte.
Pour en savoir plus :
Les luttes qui payent ne sont pas des miracles.
Elles sont le fruit de l’organisation, de la solidarité et du courage d’un collectif.
Alors oui, continuons d’avancer ensemble.
Continuons de rappeler que lorsque les salarié·es se lèvent, même aux Fonctions Centrales, rien n’est écrit d’avance.
En avAnt vers le 1er mai ✊
Vos représentant·es CGT des FC
