La CGT des FC reste mobilisée sur la sécurité
La sécurité ne peut pas être une exigence à géométrie variable !
À la suite des accidents dramatiques survenus dernièrement, la Présidente de l’entreprise rappelle que la sécurité doit être « la première priorité » et demande qu’un temps d’échange soit organisé dans tous les collectifs de travail.
Personne ne contestera cette nécessité. Lorsqu’un accident survient, lorsqu’un risque grave apparaît, il est normal d’arrêter l’activité, de prendre le temps de comprendre, d’échanger sur les pratiques, d’analyser l’organisation du travail et de rechercher collectivement les moyens d’éviter qu’une situation ne se reproduise. C’est même le fondement d’une véritable culture de prévention.
Mais cette logique semble s’arrêter aux portes des activités dites “de bureau”. Aux Fonctions Centrales, dans les situations relevant des risques psychosociaux, des conflits de travail ou des signalements pour violences psychologiques, on observe des mécanismes souvent tout autres. Les procédures s’emballent rapidement. Des mesures lourdes peuvent être prises immédiatement, parfois avant même que les faits ne soient établis, sans réflexion sur les causes organisationnelles, sans prise de recul sur le fonctionnement du collectif, sans recherche préalable de solutions de prévention ou d’apaisement.
Là où un incident sécurité sur une activité technique conduit à un temps d’arrêt, à une analyse collective et à un retour d’expérience, les situations humaines et relationnelles débouchent trop souvent directement sur une logique disciplinaire, sans chercher à régler les causes profondes.
Pourquoi cette différence ? Pourquoi la prévention, la recherche des causes et l’analyse du travail réel disparaissent-elles lorsqu’il s’agit de santé psychique ou de relations de travail ? La santé au travail ne se limite pas aux risques électriques ou mécaniques. Les organisations du travail, les pratiques managériales, les tensions dans les collectifs, l’isolement ou les méthodes de contrôle peuvent aussi produire des dégâts humains importants.
Si la sécurité est réellement « l’affaire de tous », alors cette exigence doit s’appliquer partout et dans tous les métiers.
Dans les procédures disciplinaires aux FC, la CGT demande systématiquement ce qui a été mis en place par le management, en amont, pour éviter d’en arriver là. Dans l’immense majorité des cas, la réponse est « on ne savait pas ce qu’il se passait ». En effet, si les personnes ont l’impression que le fait d’alerter va conduire à l’activation de la grosse mécanique du signalement, elles préfèrent éviter d’en parler.
Et quand bien même le management savait ? S’il ne se sentait pas assez outillé pour traiter la situation ? Peut-on enfin laisser les managers être des managers dans cet établissement ? A quand un vrai soutien des managers, des outils de résolution de conflit ? Les managers veulent du temps avec leurs équipes plutôt que de crouler sous les reportings et les tunnels de réunions.
Où est le « temps d’arrêt » permettant de prendre du recul en cas de souffrance au travail ou de signalement RPS, avant que les collectifs ne soient durablement abîmés ? Combien de situations pourraient être désamorcées si on avait moins peur de la sanction automatique ?!
Rappelons enfin que lors de la procédure disciplinaire, les témoignages ne sont plus anonymes. Cela conduit à des scissions au sein de collectifs déjà fragilisés, la tension entre les agent·es devient extrême et tout le monde en souffre (jusqu’à ce que les personnes soient mutées…).
La peur du bâton produit des décisions maladroites et précipitées, générant des risques pour l’ensemble des protagonistes.
Nous avons besoin d’une véritable culture sécurité aux FC, notre santé mentale en dépend !
Madame la Présidente, qu’allez-vous faire pour le personnel des Fonctions Centrales ?
