Calendrier de l’avAnt – Ep. 2 Les luttes de femmes
Parce que les inégalités femmes-hommes perdurent, nous avons décidé de parler cette semaine de luttes de femmes. Elles se sont engagées dans une lutte pour leur dignité, pour leur salaire, pour de meilleures conditions de vie. Leur combat est inspirant et nous montre le chemin à parcourir pour l’égalité des droits.
Aux FC, ce combat peut se porter sur de nombreux domaines, encore aujourd’hui. Parce qu’au quotidien, l’égalité n’est pas qu’une question de salaire. Il arrive encore tellement fréquemment aux femmes des FC de RTE…
- d’avoir des questions autour de la gestion de leurs (potentiels ou réels) enfants si elles se déplacent ou travaillent un peu tard,
- de se faire expliquer par un collègue masculin quelque chose qu’elles savent déjà (et même parfois mieux que lui !),
- de se faire couper la parole en réunion par un homme qui dit exactement la même chose qu’elle,
- de travailler, comme les collègues masculins, en souffrant et en saignant, mais en silence surtout,
- de devoir veiller à parler très calmement en tout instant pour ne pas être définie comme colérique, voire hystérique…
- Ces exemples de micro agressions rappellent que les luttes de femmes sont à la convergence des combats sociaux et des engagements féministes.
Nous ne pouvions démarrer cet épisode sans évoquer la grève des Penn Sardin en 1924. Il y a tout juste un siècle, des milliers d’ouvrières des conserveries de Douarnenez (les Penn Sardin) lançaient une grève historique pour réclamer une augmentation de salaire et le paiement des heures supplémentaires. Sous le slogan « Pemp real a vo ! » (Cinq réaux sinon rien !), ces femmes ont tenu tête aux usiniers pendant six semaines sous une pluie battante. Leur victoire a marqué la naissance d’un syndicalisme féminin puissant et a permis l’élection de la première femme conseillère municipale en France, bien avant le droit de vote des femmes. C’est le socle de la lutte pour l’égalité salariale et la reconnaissance du travail des femmes.
Pour en savoir plus :
Plus récemment nous avons la grève des femmes de chambre de l’Ibis des Batignolles en 2019. Après 22 mois de grève, les femmes de chambre sous-traitées à l’hôtel Ibis des Batignoles obtiennent une victoire historique contre le géant Accor : hausse des salaires, baisse de la cadence, de meilleures conditions et reconnaissance avec notamment l’intégration de primes. Cette lutte est le symbole de la lutte des « invisibles ». Une cagnotte est créée en ligne, qui a rassemblé 16 500 euros en septembre 2019. La caisse de grève du syndicat est également utilisée pour payer leurs salaires. Parmi les figures de cette lutte : Rachel Kéké, devenue symbole de cette résistance collective, élue députée en juin 2022.
Pour en savoir plus :
En 1999, ce sont les ouvrières de l’usine Levi’s dans le Nord qui se mobilisent contre la délocalisation programmée vers des pays à bas coûts. Par une occupation déterminée et une médiatisation qui a fait le tour du monde, elles ont transformé un plan de licenciement en une bataille pour la dignité. Elles n’ont pas pu empêcher la fermeture, mais elles ont arraché des indemnités de départ records pour l’époque et un plan de reclassement exemplaire. Cette lutte demeure le symbole que la résignation n’est pas une fatalité face aux multinationales et que le prix social d’une fermeture doit être payé par l’actionnaire.
Pour en savoir plus : La fermeture de l’usine Levi’s de La Bassée
Nous terminons cet épisode par la lutte des ouvrières de Vertbaudet. En 2023, les 72 ouvrières de l’entrepôt Vertbaudet engagent une grève marathon de 80 jours pour obtenir des augmentations de salaires face à l’inflation galopante. Malgré une répression féroce et l’intervention des forces de l’ordre, ces travailleuses ont tenu bon, soutenues par une solidarité financière et militante nationale. Leur victoire finale, avec l’obtention de hausses de salaires significatives (de l’ordre de 90 à 140 € nets mensuels selon les cas) et l’intégration d’intérimaires en CDI a redonné de l’espoir à tout le secteur du commerce. Ce mouvement illustre le renouveau d’un syndicalisme de combat dans les métiers dits « féminisés », où la détermination finit par briser les plafonds de verre.
Pour en savoir plus :
«Notre place dans l’humanité ne doit pas être mendiée, mais prise.» Louise Michel
En avAnt vers le 1er mai ✊
