Calendrier de l’avAnt – Épisode 3 : La précarité des jeunes et des moins jeunes

Calendrier de l’avAnt – Ep. 3 La précarité des jeunes et des moins jeunes

Si RTE organise des conférences sur l’intergénérationnel, ça n’est pas juste pour sembler inclusif : la question de l’emploi des plus jeunes et de celles et ceux que l’on appelle seniors est un enjeu crucial des luttes sociales. 

Souvenons-nous que dans la bataille des retraites, ce sont les jeunes qui ont le plus perdu dans les IEG, avec cette fameuse “clause du grand-père” qui permettait de supprimer le régime de retraite IEG pour les embauches ultérieures à septembre 2023.

Aux FC, les plus âgé-es qui se retrouvent en fin de carrière pour plusieurs années dans un joli placard ne sont pas mieux traité-es. Attendre la retraite (qui s’éloigne réforme après réforme) en se demandant chaque jour à quoi on sert est extrêmement violent ! 

Lutter pour les populations jeunes et moins jeunes, c’est faire acte de solidarité dans un monde qui veut nous faire croire que l’individualisme est la seule solution. C’est rappeler que l’entraide est au cœur de nos systèmes de sociétés, que sans elle tout s’effondre. C’est tenter de valoriser le droit au travail digne pour toutes et tous, et au repos, à la retraite.

L’âge de la retraite recule mais pas celui de l’espérance de vie en bonne santé. Les jeunes manquent tous d’expérience pour leur premier emploi. Il faut 3 fois son salaire pour trouver un logement, mais on continue d’inventer des contrats précaires pour les récent-es diplômé-es. 

Nous entendons parler dans l’actualité d’une volonté du gouvernement Lecornu d’instaurer un contrat précaire pour les jeunes. Cette idée ne date pas d’aujourd’hui, puisqu’en 2006, le gouvernement De Villepin voulait instaurer le Contrat Première Embauche (CPE). Ce contrat permettait de licencier les jeunes sans motif, symbole de précarisation des étudiant-es. Une mobilisation exceptionnelle des étudiant-es et des syndicats (CGT en tête) de plusieurs semaines force le président Chirac à retirer cette loi, pourtant déjà votée.

Avant cela, en 2003, ce sont les intermittent-es du spectacle, autres précaires qui ont failli trinquer.  A cette époque, ils et elles engagent une lutte historique contre la réforme de leur régime d’assurance chômage. Le mouvement a marqué les esprits par l’annulation inédite de grands festivals comme celui d’Avignon et d’Aix-en-Provence, provoquant un séisme médiatique et politique. Mené notamment par la CGT Spectacle, ce combat a permis de sanctuariser un modèle de protection sociale unique au monde, affirmant que la culture n’est pas une marchandise mais un bien commun.

En ce qui concerne nos régimes de retraite, la dernière grande victoire contre une réforme de notre modèle social date de 1995 avec les immenses grèves contre le plan Juppé. Il y eut un mouvement massif (notamment dans les transports et la fonction publique) contre le volet retraites/régimes spéciaux du plan Juppé qui prévoyait d’aligner les régimes spéciaux (dont les IEG) sur le privé. Après trois semaines de paralysie totale du pays et des manifestations géantes, le gouvernement recule sur la réforme des retraites et des statuts : souvent présenté comme une victoire qui redonne confiance au mouvement social, même si d’autres volets ont perduré. Le volet « Sécurité Sociale » est maintenu. C’est le début de l’étatisation : le Parlement vote désormais le budget de la Sécu (LFSS), réduisant le pouvoir de gestion des syndicats. La création de la RDS et de la CADES transfère durablement le poids de la « dette sociale » sur les salarié-es.

Pour en savoir plus : Wikipedia : Plan Juppé de 1995

Enfin, nous terminons avec un peu d’histoire dans les luttes contre les réformes des retraites, avec la grève victorieuse de 1953. En effet, bien avant le plan Juppé de 1995, le gouvernement Laniel a tenté d’allonger l’âge de départ des fonctionnaires. Une grève massive et spontanée paralyse le pays pendant trois semaines en plein mois d’août (Postes, SNCF, EDF…). Le gouvernement est contraint de reculer et de retirer son décret. C’est la preuve historique que l’unité des “services publics” peut faire plier n’importe quel pouvoir.

En avAnt vers le 1er mai ✊

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